Libérez la parole si vous voulez entendre quelque chose !

Les préparations de séminaire, de réunions sont souvent le moment de variations importantes sur le thème : laissons les gens s’exprimer, et se terminent par : la question posée à l’assistance ou au groupe est-elle assez précise pour éviter de parler de ce qui fâche … quels sont les rapporteurs fiables pour éviter tout dérapage ? …

Comme toujours la peur est mauvaise conseillère, et dans ces cas précis elle vient renforcer de manière certaine ce que l’entrepreneur souhaite éviter.

Il y a au cœur de cette idée que « tout doit bien se passer », qui signifie souvent « rien ne doit se passer ».

Cette idée constitue en tout premier lieu une dévalorisation de l’événement organisé. Celui-ci n’est plus qu’un spectacle dont les acteurs deviennent des spectateurs désabusés, qui assistent impuissants à une mauvaise pièce dont leur dirigeant est l’antihéros.

Pourtant, mon expérience de ce type d’événements m’évoque quelques réflexions :

–       L’intuition du dirigeant est toujours juste : la peur d’entendre est souvent liée à quelque chose qui ne passe pas, un projet mal compris, des inquiétudes, une crise latente…Bien sûr, le problème préexiste à la prise de parole, et il n’est pas certain que le laisser couver aide à sa résolution. « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » disait Henri Queuille dont je ne suis pas sûr qu’il aurait pu devenir un modèle de manager. Le rôle du dirigeant est selon moi de le faire sortir.

–       Libérer la parole génère un autocontrôle très fort de la part des participants, à condition que le cadre dans lequel cette parole s’exerce soit bien défini par avance, et respecté par toutes les parties. World café, tour de table, groupe de travail, question publique, métaplan, tout existe aujourd’hui pour qu’un auditoire réduit ou grand, habitué ou non à la prise de parole puisse s’exprimer. Je n’ai pour ma part jamais assisté à un dérapage dans ces conditions, même si la production a pu déclencher un choc auprès de ceux qui l’ont accueilli. Mais ils ne l’ont jamais regretté !!!

–       Ecouter ne suffit pas, il est important de répondre, directement si c’est possible, ou en mettant en place une réflexion, un groupe de travail pour y répondre. Le dirigeant joue sa crédibilité de manager sur ce type de processus, et il est important d’y accorder tout son attention, même si le thème lui paraît mineur. A défaut, je promets une forte dégradation des relations en interne.

Heureusement, ces évènements se passent aussi dans des entreprises qui se portent bien. Dans ce cas, libérer la parole, c’est souvent constater et mesurer l’énergie disponible dans l’entreprise au service de son dynamisme et de son développement. Nous gâchons souvent des idées disponibles qui n’ont pas de canal d’expression, des témoignages de salariés heureux qui n’intéressent personne, des observations qui rapportées à temps permettraient de faire gagner du temps à toute l’entreprise. Beaucoup de dirigeants se sentent seuls dans leur entreprise, mais une grande partie d’entre eux se sont isolés au cours du temps. Il est temps de provoquer l’échange pour qu’ils se sentent immédiatement mieux, fiers de leurs équipe, et  réciproquement!

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