Apprenez à arrêter vos projets!

Le mode projet est souvent devenu une mode des projets dans bien des PME ou ETI. En effet, beaucoup de plans stratégiques et d’introduction de nouveautés dans les entreprises sont confiés à quelques personnes qui ont pour mission de réussir ce que l’organisation ne sait pas faire naturellement. L’idée paraît séduisante, mais quand nous recensons aujourd’hui le nombre de projets qui coexistent dans ces entreprises, nous dépassons souvent 50 voire 100.

Le rapport du Standish Group qui s’intéresse aux projets à caractère informatique recense 30% de projets réussis, 20% de projets arrêtés pour cause d’échecs, …. et 50% de projets « en cours ». Les conséquences en sont multiples : ce sont toujours les meilleurs qui y sont affectés et ils finissent par être saturés et fatigués de cette gestion en parallèle de leur activité. Les coûts explosent mais en silence, le pilotage de ces projets très incertain (personne ne sait vraiment où en est un projet sur deux !), et la pratique agile devient contreproductive car les échecs sont mal vécus en interne et à l’extérieur de ces mêmes projets.

Face à ce constat, il est tentant de s’intéresser aux entreprises dont le projet est leur cœur et qui arrivent parfois  à se transformer rapidement en compétiteurs sérieux ou leaders de leurs domaines : les start-ups.

Trois constats émergent de leur étude : ces entreprises savent intégrer à leur réflexion des acteurs internes, externes, sans considération de hiérarchie, et donc profiter pleinement de compétences, et de créativités diverses et complémentaires. Leur mode de financement va de fait mettre en place une gestion des échéances très tendue avec une obligation régulière de résultats qui force bien souvent la réussite ou entraîne la disparition du groupe. Par ailleurs, elles vont chercher à mettre en place très rapidement des expérimentations concrètes afin de comprendre si elles sont sur le bon chemin, ou si il faut essayer autre chose (pivoter).

Peut-être y a-t’il matière à apprentissage pour toutes les entreprises dans ces Formules 1 du projet, et qui explique que certaines ETI ou grands comptes favorisent aujourd’hui un mode intrapreneurial pour gérer leurs initiatives, qui permet à son porteur de développer la même agilité qu’un véritable entrepreneur.

Ces expériences pointent quelques bonnes pratiques qui rompent avec le rythme de l’entreprise, mais permettent de donner toutes les chances à ces nouvelles idées qui ne demandent qu’à s’épanouir économiquement :

L’émergence des projets vient à la fois du top management de manière classique mais également de forums plus larges qui permettent aux bonnes idées de s’exprimer d’où qu’elles soient. Reste à définir des critères pertinents par rapport aux besoins de l’entreprise, et à faire confiance à des talents qui ne sont pas nécessairement aux commandes, mais en apprentissage de l’entreprise.

Le porteur de projet bénéficie d’un coaching externe et d’une formation de ces outils qui soutiennent souvent les start-up : business modèle, design thinking, et d’une grande latitude dans la composition et l’évolution de son équipe.

Il doit « pitcher » régulièrement, c’est-à-dire faire le point, convaincre de l’avancement et des étapes qu’il envisage pour obtenir le financement de celles-ci. Ce rendez-vous régulier (3 à 4 mois) est à la fois la garantie d’un pilotage efficace, d’une maîtrise budgétaire, et d’un échange entre l’entreprise et le projet.

Ces règles portent de manière implicite un apprentissage pour l’entreprise, garant de sa capacité de ré-entreprendre : accepter la fin d’un projet et savoir valoriser l’échec qui y sera associé. Celui-ci constitue en réalité une expérience à moindre frais, la garantie d’un pas futur dans la bonne direction, et des équipes aguerries pour leur prochaine aventure. De plus, cette capacité à arrêter très tôt un projet qui ne fonctionne pas permet une créativité et un foisonnement d’idées neuves à mettre en place, loin de l’inertie qui guette les entreprises qui ne savent pas arrêter leurs projets, et hésitent à en lancer de nouveaux. A vous d’essayer !

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